Ruffié : un site qui a une histoire

Les gîtes sont situés au « domaine de Ruffie ». Un site qui a une longue histoire.
Il y a quelques années, c’était un curieux endroit tout en longueur, niché entre trois ruisseaux : celui de l’Arget, celui de Becq et celui de Malet. Cette forme étrange possédait un atout majeur : l’eau ! C’est-à-dire l’énergie.

Des forges à la catalanes…

Au XIX° siècle, un certain Monsieur Ruffié (celui qui donna son nom au site) ne s’y trompe pas. Il sépare le lieu de celui de « La Baronnie », une grande exploitation agricole toujours en activité, et y installe des Forges à la catalane. Le principe ? L’eau dérivée par de multiples canaux fait tourner de grandes roues qui activent des « martinets » (voir photo).
Les forgerons façonnent ainsi des pièces de métal, quelquefois très volumineuses, en travaillant le fer porté au rouge dans d’immenses fours.
Pendant de nombreuses décennies, tous les instruments aratoires utilisés dans nos campagnes sont fabriqués dans ce type de forges.

Celles de Ruffié ne dérogent pas à la règle, et sont particulièrement actives durant les campagnes napoléoniennes, car elles fournissent les baïonnettes de la Grande Armée. Quelques années plus tard, c’est à Ruffié que sont fabriquées les pelles pour les tranchées de 1914.
Comme bien d’autres sites de la vallée de la Barguillère, Ruffié est un site industriel où travaillent de nombreux ouvriers.

Une usine de filature
Avec la mécanisation dans les campagnes, les forges ont moins de travail. Ruffié devient alors un centre de filature. Un petite centrale hydro-électrique, d’un grand modernisme pour ce début de XX° siècle, alimente en énergie l’usine et les résidents. Mais là encore, les filatures doivent fermer, inaugurant une mutation industrielle qui verra à partir des années 90, les grandes usines textiles du Pays d’Olmes, fermer les unes après les autres.

Longtemps vidé de ses habitants et de son activité industrielle, le site reste quelques années en friches.

Les vieux bâtiments d’usine résistent au temps comme ils le peuvent. Les ronces envahissent rues et espaces.

Cet endroit, une famille va l’aimer immédiatement ; le reprendre à l’aube des années 1970 et peu à peu le restaurer. Les plus vieux bâtiment d’usine sont démolis, mais tout ce qui peut être sauvegardé l’est.
Une nouvelle centrale électrique est construite et Ruffie renoue un peu avec son passé industriel… en misant sur des énergies renouvelables, qu’à l’époque on n’appelle pas comme ça !
Le site et ses canaux se transforment en un charmant pitoresque de pêche à la truite… un début d’agro-tourisme. La pisciculture et le parcours de pêche font le bonheur des petits et grands qui trouvent à Ruffié un esprit de liberté. La pisciculture est aujourd’hui fermée.

Peu à peu, les friches industrielles sont réhabilitées, en gardant ces toits de verres, si particuliers. Les bâtiments sont rénovés, et plusieurs résidents y vivent.
Ruffié est aussi le siège d’un des plus anciens journal de l’Ariège, qui édite une édition hebdomadaire intitulée La Gazette Ariégeoise.

La propriété, notre maison, a été construite sur les hauteurs du site, à l’emplacement des anciens potagers, dans les années 1980. Les quelques pierres d’angles qui l’habillent et les gros blocs de marbre sont les vestiges des anciennes usines. C’est une maison à l’architecture et aux espaces atypiques.

Ruffié, a accompagné durant les deux derniers siècles l’activité industrielle de l’Ariège. Aujourd’hui c’est vers un tourisme durable, convivial et de qualité que le site s’engage.

C’est là que nous avons créé nos gîtes, à Foix, aux portes du parc naturel des Pyrénées Ariégeoises. Dans ce lieu exceptionnel qui a conservé son âme et dont l’architecture garde les vestiges de l’ histoire. Quand les gens viennent chez nous, qu’ils « plongent sur le petit chemin à gauche après le grand tournant » ils sont d’abord interloqués et se demandent bien où ils vont ! Et dès qu’ils arrivent jusqu’à nous, ils ont ces mots « mais c’est un petit paradis ici ».

Non, c’est juste Ruffié… soyez les bienvenus.